Deux approches sont actuellement très mobilisées pour l’évaluation quantitative des effets des politiques publiques. La première est l’approche expérimentale qui consiste à tester ces effets sur des échantillons d’individus sélectionnés aléatoirement, comme on le fait dans le domaine des essais cliniques. La seconde est l’approche pseudo-expérimentale : elle s’appuie sur la variabilité des politiques passées ou présentes pour approcher les conditions de l’expérimentation aléatoire contrôlée. Elles ont fait l’objet d’une très vaste littérature dont on trouvera des synthèses récentes dans un numéro spécial de la revue Économie & prévision (Givord [2014] ; Bouguen et Seban [2014]). Ces deux approches accordent une attention particulière aux problèmes d’hétérogénéité des populations concernées : il faut la contrôler au mieux pour parvenir à identifier les effets causaux des politiques. Elles partagent également deux autres caractéristiques : le strict appui sur l’observation et le caractère athéorique. Il s’agit en effet d’approches en forme réduite, sans a priori sur les canaux à travers lesquels jouent les politiques. Ces deux caractéristiques sont en rupture avec une autre approche plus traditionnelle de l’évaluation, l’approche structurelle, fondée sur des modèles à fort contenu théorique spécifiant les règles de comportement individuel et, si possible, les interactions entre ces comportements (Roux [2015]).
SOMMAIRE
Microsimulation et autres approches de l’évaluation : quelles complémentarités ?
Microsimuler le marché du travail et les politiques d’emploi : trois approches
Du financement des études à la taxation de l’héritage : cinq applications aux ménages et aux individus